Résultat.

L’ANNONCE.

Treize heure trente. Dans le salon.

Il y fait sombre, les volets empêchent le soleil de pénétrer dans la pièce. On est mardi. Pourtant, ma mère est là, assise à côté de moi dans le canapé.

Son stress est palpable. Je suis calme. Je sors le chien.

Treize heure quarante cinq. Dehors.

Je vois les aiguilles courir sur le cadran et le chien gambader sur les pavés.

Treize heure cinquante. Dedans.

Je retourne sur le canapé, mon ordinateur sur les genoux. Mon téléphone s’agite : Victoire et Mélys  m’envoient quinze messages à la seconde. Elles sont extrêmement stressées.

Victoire commence le décompte.

Il reste une minute.

Quatorze heure. Dans l’attente.

Ma mère veut regarder pour moi, je la laisser faire.

Quatorze heure deux. Ailleurs.

La destruction d’un rêve. La reconstruction d’un autre.

 

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Sans titre, sans repère : on reprend.

Je tire mes cheveux et fais craquer mes doigts.

Aujourd’hui nous sommes le 10 février. Un mois et un jour. Je commence à écrire cet article onze heure onze. Ca fait beaucoup de un.

Suffisamment pour te raconter le mois qui s’est écoulé.

Assise sur des sièges rouges, dans une ambiance feutrée, j’ai longtemps songé à ce que je pourrais te dire et comment je pourrais le dire. Ca fait un mois que j’y réfléchis, tous les jours. Un mois. C’est long et court à la fois.

Sur ces sièges rouges, dans cet amphi. Tout petit amphi. Je n’étais plus une aspirante soignante mais un embryon juriste.

Tu es perdu ? Moi aussi je l’ai été. Alors je reprends, pas à pas.

Wake me up, when september end.

SEPTEMBRE.

Il fait moins chaud que l’an dernier. Voilà la première remarque que je me suis faire en sortant ma tignasse dehors. Un pantalon, un débardeur et des petites chaussures. Mon sac sur l’épaule, me voilà prête à y retourner.

Je traverse la route. Passe dans la petite rue. Traverse la grande avenue.

Je retrouve ma camarade de galère « rencontrée » sur Twitter, Ji. J’étais toute seule, elle aussi, on en profite.

Le sourire plaqué sur les lèvres durant le mois. La motivation dans la tête. La rage de réussir dans le ventre.

OCTOBRE.

Le flot de cours commence à me couler dès le 15 du mois. Heureusement, Ji est avec moi. Pendant notre courte pause repas on tente des exploits culinaires (spoil : jamais réussi, je n’ai fait que des catastrophes). On discute de tout et rien. On met en place notre plan pour vaincre la PACES. Et on travaille, chaque après midi. Elle rentre chez elle et je me remets à mon bureau après une longue douche.

Comme d’habitude, il n’est pas rare que je saute le repas du soir. Je vais me coucher le ventre vide et la tête pleine d’informations me faisant oublier le reste.

NOVEMBRE.

Elle a décidé, c’est sûr. Ji arrête la PACES après le concours. Elle a arrêté de travailler depuis fin octobre.

Tout ce que j’ai pu faire ou dire n’ont pas suffit à la garder dans la course. Elle s’en va vers des horizons qui la rendront plus heureuse (je l’espère).

Elle s’est renseignée pendant de longues heures. Son enthousiasme me redonne de la motivation, qui commençait à faiblir.

De fin octobre à décembre ça commence à être dur, vraiment. Mais on le sait, c’est le « jeu ».

DECEMBRE.

Révisions acharnées. Beaucoup de choses se jouent. Je suis (très) bien classée à mes concours blancs mais parfois un peu limite pour quelques cours et à certaines colles.

Je tire et m’acharne autant que je peux.

Le stress le jour de concours est à son paroxysme, je n’ai JA-MAIS vécu ça ! Il faudra que je te le raconte.

ORSO.

PS : Demain c’est les résultats.

PS-2 : un court billet pour en dire beaucoup, j’espère réussir à venir plus longtemps pour écrire plus.

2018.

TOUS MES VOEUX.

Je te présente tous mes voeux pour cette nouvelle année. J’espère que cette période de fête a été agréable. Entouré(e) des personnes que tu apprécies et tu chéris (on exclue évidement le vieil oncle aigri qui est toujours dans les repas de famille).

Cette période exacerbe la solitude. J’espère que tu ne t’es pas senti seul(e). Si c’était le cas, sache que 2018 est ton année.

Je te souhaite la joie et le bonheur, d’abord. La santé, ensuite. La réussite, pour finir.

ORSO.

PS : je reviens très vite.

 

Crédit photo.

Bouclons la boucle.

Je n’ai pas écrit depuis tout ce temps parce que je ne trouvais plus mes mots. Je ne savais plus comment te parler. Il a fallu que je me rende compte que certaines choses ne se disent pas mais se racontent.

C’est une nuance qui a son importance.

Permets moi de rattraper le temps perdu et de te raconter ces derniers mois. Mes derniers articles tournaient en rond, tout comme moi à ce moment là. Pardonne moi, j’essaye de faire mieux aujourd’hui.

 

Février, le froid de l’hiver et la brise qui s’infiltre jusque dans l’amphithéâtre. Mon plaid sur les épaules, l’Autre à côté. L’échec et la démotivation s’installaient, invitant la déprime et le désespoir.

On a tous eu ce moment. Ce creux de la vague. Je te l’ai raconté. Aujourd’hui il me parait si loin. J’ai l’impression de ne jamais l’avoir vécu.

Puis il y a eu Victoire.

« Tu viens réviser chez moi demain? Tu peux rester dormir, mon copain n’est pas là et je n’aime pas rester seule »

Ce n’était pas la journée la plus productive… Mais c’était vraiment chouette. Elle a contribué, malgré elle, à ma remonté fulgurante dans le classement.

Mars, le printemps et les fleurs. Le vent toujours présent. L’amour aussi. Lui, après quatre année d’amitié. De si loin. On était proche, il y a longtemps.

Premier chagrin d’amour. Ou presque.

J’ai trouvé ma routine, ma méthode et tout ce qui m’allait. J’allais en cours seule. J’ai passé la fin de mon semestre majoritairement seule. C’était dur psychologiquement. jusqu’à ce que je me fasse une raison. On est clairement mieux seule que mal accompagnée. Je ne riais plus tellement quotidiennement. Mais la fatigue et le ce manque de joie me faisais avoir des fou-rires tous plus débiles les uns que les autres. J’ai trouvé ça plutôt chouette.

On s’adapte à tout. Je suis quelqu’un de solitaire. La motivation d’aller en cours est plus difficile à trouver mais qu’importe. Je l’ai fait. Je suis fière de moi. J’ai gagné fasse à moi même.

Avril, le concours approche à grand pas. Des fiches tapissent le mur. Je dors de moins en moins et travaille de plus en plus tard. C’est une erreur, certains jour je m’endors sur mes cours sans m’en rendre compte.

Mai, l’Amour est loin. Il n’est pas là pour m’apporter le soutien dont j’aurai besoin. De rares nouvelles. Ma maman est toujours là, elle.

Je travaille plus de 14h par jour et emmagasine une quantité folle d’informations. J’essaye de pallier au retard du début de quadrimestre.

Concours. Je m’installe à ma place. Mes concurrents assis à mes côtés sont géniaux. On passe deux jours a discuter entre les épreuves.

Juin, les vacances. Pour tout te dire, c’était un mois où tout s’est enchaîné : les résultats, la rupture, la perte de mon chien (mon plus fidèle allié depuis la sombre période du collège). Mais il faisait chaud et beau. On prend les jours un par un et on avance.

J’ai fait une remonté énorme dans le classement : je passe de la première moitié au premier quart. C’est une victoire.

Et j’attaque mon boulot d’été. Très intéressant anthropologiquement parlant. Très utile pour se recentrer sur soi également étant donné le peu de sollicitation cérébrale demandée.

J’ai travaillé pendant un mois et demi dans un entrepôt entourée d’hommes. De voir la place de la femme et comment elle s’adapte dans ce milieu est très interessante. Ma responsable a une attitude très particulière. Peut-être que je te ferai pars de mes observations et des conclusions que j’ai tirées (qui sont peut-être totalement fausses !)

Cette semaine a été également très chargée.

J’ai souvent pensé à toi, tu m’as manqué. Je ne savais juste plus comment te dire les choses.

J’y arrive enfin.

Bien à toi,

ORSO.

PS : Voilà plus d’un an que je suis sur cette plateforme ! Je ne pensais pas y arriver ! Merci d’être resté à mes côtés durant cette année.

En quoi la haine pourrait amener la paix ?

Le chaos règne et règnera.

Il faut du bordel partout pour ranger. Mais si on range au fur et à mesure ce grand bordel ne fait jamais surface. La procrastination, la flemme et la mauvaise organisation y sont pour beaucoup. Une mauvaise volonté qui laisse le bordel s’installer.

Et si, au fond, ce bordel était voulu. Le bordel permet de redécouvrir un environnement nouveau, de séparer les objets éclectiques entremêlés depuis si longtemps qu’ils auraient pu ne faire qu’un. Et dans tout ce bordel il arrive aussi que certains objets soient brisés, cassés, jettés à la poubelle, marchés dessus, détruits, réduits à néant. Et à force de marcher sur le bordel les objets écrasés n’ont plus d’importance. On en vient à penser « oh ! tant pis, un de plus »

On s’habitue au bordel jusqu’au grand rangement.

Maman ne rangera pas, ce n’est pas ses affaires. Petit frère ne rangera pas, il écrasera les objets éparpillés avec toi. Mamie voudra t’aider mais perdra des objets, d’autres se retrouveront dans de sombres recoins tandis que le reste sera encore moins organisé qu’avant. Tu seras énervé, tu jetteras tout au sol de nouveau. Le bordel régnera, encore. Plus grand, plus puissant, plus envahissant. Grand-mère sera déçue de ne pas avoir servi. Mamie n’aurait pas due t’aider, elle a fait n’importe quoi. Maman sera énervée de voir que le bordel est encore là. Et petit frère écrasera.

Le bordel est là. Quoiqu’on fasse il revient toujours parce que l’Homme est plein de vices et de mauvaise volonté. La religion n’y parviendrait pas non plus.

Je n’arrive pas à saisir qu’un attentat soit « un de plus ».

Une pensée à toute les victimes du bordel qui règne dans le monde entier.

ORSO, désabusée.

La photo vient de ce Flickr.

The end (jusqu’au prochain opus)

ME REVOILA !

Le soleil et sa chaleur, les oiseaux et leur gazouillement et les PACES enfin en vacances.

Pour te dire je ne savais pas comment revenir. Près de trois mois sans t’écrire bien que j’ai souvent pensé à toi. Peut-être que, comme moi, tu révisais comme un(e) acharné(e) ou peut-être que tu t’es simplement égaré ici par hasard. Quoiqu’il en soit, me revoilà. Plus bronzée (oui, je ne perds pas de temps haha), plus reposée, plus « moi d’avant la PACES ».

Malgré tout comme à chaque fin d’année un bilan s’impose. J’ai toujours la sale manie de voir loin dans le futur pour programmer, mais j’aime bien aussi me retourner pour voir le chemin parcouru.

En huit mois j’ai gagné en autonomie, j’ai découvert ce que c’était de dédier tout son temps pour une seule chose, j’ai connu le sentiment d’échec, la déception, la solitude, la fierté de réussir certaines choses, de remplir des classeurs de notes et autres fiches. Beaucoup de sentiments considérés, de prime abord, comme négatif mais qui m’ont énormément apporté.

J’ai passé les trois derniers mois extrêmement seule. Je suis une solitaire, certes, mais durant trois mois j’étais seule en cours, seule à mon bureau, seule le soir pour me coucher. Et ça jusqu’au vendredi midi. C’était pesant mais maintenant je suis prête à l’encaisser si je dois le revivre l’année prochaine. Ca sera dur mais je saurai ce que c’est… C’est déjà ça. Tallulah a arrêté d’allé en cours fin mars, voilà pourquoi je me suis retrouvée seule. Je lui en ai voulu mais finalement chacun ses choix.

Cette année j’ai aussi appris à envisager d’aller en kiné et l’idée me plait vraiment, j’y vois beaucoup d’avantage.

J’ai aussi appris le découragement et l’espoir. Je suis assez frappée pour garder espoir alors que le redoublement est inévitable. Tant pis. J’ai les résultats dans deux ou trois semaines, j’ai vraiment hâte. Je me dis que le « pire » qu’il puisse m’arriver c’est de doubler et que le mieux serait d’aller en kiné.

J’ai terminé mon année épuisée et à bout de souffle mais de bonne humeur et satisfaite.

Franchement, qu’est-ce que m’a apporté la PACES (ouais, je sais, je t’en ai déjà parlé 410 fois).

Je suis plus structurée, organisée et moins laxiste. Plus indépendante, autonome, prête à vivre dans une grande ville. Moins impressionnée quand je dois aller au devant des situation (je suis, j’étais ? une handicapée des interactions sociales). Je vois certaines choses différemment. J’apprends à (beaucoup) moins procrastiner.

J’en oublie sûrement mais ça m’aide à corriger certains (gros) défauts que j’ai. Et d’en acquérir de nouveaux pour compenser !

Quoiqu’il en soit, c’est bon d’être de retour.

Bonnes vacances bien mérité à tous les PACES et à tous les autres. Merci de m’avoir suivi depuis près d’un an.

A très vite,

ORSO.

PS : et toi, ton année t’as apporté quoi de nouveau ?

Photo trouvée sur ce Flickr.