Continuer pour eux.

POUR QUOI , POUR QUI ?

Les soirs où on en a marre, les jours où on est pas productif, les matins où on a pas envie. Pourquoi, pour qui ?

Pour ceux qui n’ont pas pu et qui ne pourront jamais. Pour ceux qui ne sont plus et ceux qui ont été.

Pour la petite fille des rizières qui rêvait d’être médecin. Pour le vieil espagnol aillant toujours rêvé de tenir un stéthoscope mais qui, faute de moyen, n’a jamais pu aller jusqu’au lycée. Pour ceux qui sont emporté par la maladie. Pour ceux qui souffrent. Pour ceux qui cherche une oreille, une solution, un appui. Pour ceux qui n’ont pas pu tenir plus de trois mois en première année. Pour ceux qui veulent en finir avec la vie. Pour ceux qui en finissent avec la vie.

C’est un combat contre soi-même, pour soi-même et pour eux. Pour tout ceux autour.

Pour ceux qui tuent et qui sont tués. Pour ceux qui sont à nos côtés, à nous soutenir.

Un soignant soigne. Un (potentiel) futur soignant se bat pour soigner, réaliser ses rêves et des rêves. Nous nous battons pour l’Humanité plus que pour nous même. Même le plus gros des égoïste se bat pour la gloire et pour eux. Contre ses principes, certes, mais pour eux.

C’est là qu’une question se pose. Une question antédiluvienne. Pourquoi le contact humain compte si peu (pas du tout, en fait) durant cette année. Pourquoi on a des « mauvais » soignants qui ne savent pas écouter ? Pourquoi précisons nous « c’est un bon médecin ». Des soignants maltraitants qu’on nous déconseille.

Un médecin/soignant ne devrait-il pas être « bon » ? Dans tous les sens du terme.

ORSO.

Photo de Marco sur Flikr.

Péripéties d’une PACES

MI-TRUC !

Ca y est ! On est presque à la moitié de la course 2ème Quad (ce stress en écrivant ça !)

L’heure du mi-truc, mi-bilan ou mi-machin chose à mi-parcours.

Rien n’est encore figé, il reste environ neuf semaines avant les quelques jours de révisions. Mais finalement pendant les neufs semaines précédentes des changements se sont opérés, du travail à été fourni et la course au numerus ne s’est pas arrêtée.

Ne rêvons pas, la course au numerus, pour moi, c’est pour celui de l’année prochaine.

Si on résum… Attends ! Janvier, février, presque pas mars ! C’est tout !.. Bon, est-ce que j’écris cet article ou non ? (Bienvenue dans mon encéphale)

Au mois de janvier j’ai pris deux semaines de retard, bien joué Orso. J’arrive presque à bout de mes déviances. J’étais pas au top de la forme, je me suis laissée abattre et je ne me suis pas forcée pour me secouer… Sale gosse ! Mais bon, ça, je te l’ai déjà dit (au moins) cent fois. Février on rentre dans les clous et Mars sera encore mieux.

C’est vrai que je t’ai parlé de mon état d’esprit, de ce qu’il se passe dans ma tête… Mais pas du vif du sujet : les cours. Le problème étant que chaque fac a son fonctionnement donc je ne parlerai que du tronc commun. J’aime beaucoup toutes les matières. L’anatomie générale est concrète et palpable, j’aime beaucoup. Je compare ça à la géographie… bien que j’ai un sens de l’orientation plutôt médiocre j’apprends facilement les cartes. C’est pareil avec l’organisation du corps ! Il faut juste prendre le coup de main, voir la façon dont on se positionne par rapport à l’os/organe et voir les pièges de QCM (plutôt grossiers, globalement dans le même genre). Pour la pharmacologie c’est globalement le même cours redit cent fois mais c’est intéressant, ça nous aide à comprendre le système de santé, la conception des médicaments et les lois autour. La SSH, quant à elle, est une discipline plutôt générale. Cette matière m’intéresse énormément puisqu’elle ouvre d’autres horizons.

Finalement, c’est un quadrimestre dense et intéressant. On adopte une façon de travailler totalement différente, plus visuelle. Nos cours sont ancrés dans la réalité et c’est vraiment passionnant (par rapport au S1)

ORSO.

PS : Et toi ton semestre, trimestre, mi-parcours ?

Photo de Mokastet sur Flikr.

Tomber pour se relever.

Que feriez-vous si vous n’aviez pas peur ?

-Mark Zuckerberg

J’ai toujours eu peur de l’échec. De tomber. De ne pas être à la hauteur, pas assez bien. Qu’on se moque de moi pour ça. Pourtant j’ai bien caché mon jeu, je ne prenais pas de risque mais j’étais considérée comme une enfant sage et calme. Je me fichais totalement de l’image physique que je renvoyais aux autres jusqu’au CM2. J’étais une froussarde, pas vraiment aventurière mais je m’en fichais, quand je ne faisais pas quelque chose c’est parce que je n’en avais pas envie ; pas parce que je redoutais le regard de l’autre.

En CM2 j’ai continué à me moquer de ce que les gens pensaient. Les adultes étaient jaloux de mon insouciance et de mon je m’en foutisme. Je ne jugeais pas sur l’apparence, pourquoi d’autre le feraient ? Et même si c’était le cas, peu m’importait (et m’importe toujours) puisque mes habits me plaisent, ma coiffure est pratique et que ce n’est pas eu qui vivent dans mon corps. Seulement en CM2 il s’est passé des choses, une chute de confiance en moi à suivi. Je me suis largement effacée, j’ai eu peur de tomber.

Je savais qu’on m’attendais à chaque échec pour m’enterrer, plus profondément. Je n’ai pas pris de risque. Vraiment pas. J’étais déjà moqué en réussissant, imagines-toi en échouant.

Je fais mon pauvre petit canard, excuse moi. Mais j’ai besoin de ça pour justifier la morale de l’histoire.

Des années plus tard, j’apprends à essayer même si je sais que je tomberais. Peu importe les moqueries au final. J’ai essayé de faire un salto arrière dans la piscine, je n’ai pas eu peur d’être ridicule, je m’en suis sortie avec le dos cuit… Oui, bon… Je ne suis pas douée, j’ai été ridicule mais j’ai essayé, réessayé… Et je n’y arrive toujours pas haha… Mais qu’importe au fond ? Je fais ce qui me plait.

Il y a moins de deux semaines. C’est là que je veux en venir. Là je suis vraiment tombée. Tu sais pourquoi ? Parce qu’on m’attendait au tournant. De l’extérieur je peux passer pour une fille douée à l’école, bosseuse, scolaire… Il n’est rien de tout ça, j’ai juste réussi à m’adapter au système scolaire français. Pour moi il n’y a rien de glorieux à sauter une classe, avoir brevet et bac avec mention. Qu’est-ce que ça prouve ? Rien. A quoi ça sert de jalouser ce genre de chose ? Rien. J’ai eu la chance de m’adapter. C’est tout.

Malgré tout je le savais, on attendait que je tombe là où je paraissais exceller. Je suis tombée. C’est pas facile moralement, pas par fierté mais… Par justice ? Je ne sais pas. Peut-être aussi par fierté, si, finalement. Tant de travail, je me suis dépassée, j’ai travaillé dur (comme beaucoup, la majorité des PACES). J’ai trouvé ça injuste parce que pour une fois, j’ai travaillé pour mes études… Et pourtant…

Quoiqu’il en soit, je ne sais plus trop où je voulais en venir haha… Mais je savais que le risque de me planter était grand. Infini même.

Mais maintenant que je suis tombée une fois, que j’ai vu que ça fait mal mais qu’on s’en relève je n’ai plus peur. La peur de mal faire, de ne pas réussir et de déranger : voilà mes peurs que la PACES efface peu à peu. J’accepte d’être moi-même, de vivre en tant que personne, d’imposer le fait que « oui je ne suis pas là pour te plaire, non je n’ai pas à me taire pour te faire plaisir ». J’ai les larmes aux yeux rien que de réaliser toutes ses années passées à m’adapter à tout le monde sans qu’on ne s’adapte à moi. Toutes ces choses que je n’ai pas dite de peur de froisser ou blesser. Toutes ces choses que j’ai accepté. C’est terminé. Une page se tourne. Et pour ça je ne pourrai jamais assez remercier cette année de merde qu’est la paces. Merci de me laisser devenir quelqu’un, merci de me rendre plus égoïste. Merci de ne pas me laisser attendre d’avoir 40 ans et avoir l’impression d’avoir laissé ma vie aux autres.

Article écrit le 27 janvier 2017.

Aujourd’hui, 21 février 2017, je ne pensais pas publier cet article. Un mois plus tard, en relisant ces mots je sens toujours l’émotion. J’accepte beaucoup plus de dire ce que je veux et d’accomplir ce que je veux accomplir sans penser à ce que pourraient en penser ceux qui m’entourent. Le jour où je mourrai je serai seule face à moi-même, seule face à mes regrets. Mieux vaut tard que jamais. Il n’est d’ailleurs pas trop tard, il n’est jamais trop tard pour devenir la personne que l’on veut être.

ORSO.

PS : Je le répète, la paces c’est dur mais ça a des bons côtés (avec du recul). Pour toi, c’est quoi les bons côtés de la paces ?

Attends, pour de vrai ?!

MENSOGE ! CALOMNIE !

Avant d’entrer en PACES j’ai entendu toutes sortes de choses, plus affreuses les unes que les autres. Généralement proférées par des individus connaissants des gens qui connaissent des gens qui… (on a compris !) sont en médecine.

J’ai envie de démonter un à un les plus gros clichés que j’ai entendu mainte et mainte fois :

  • Tu vas devoir t’assoir dans les escaliers, vous serez 400 dans un amphi de 150 places :

Faux, faux, faux et archi faux ! C’est vrai que le premier jour voir la première semaine on est serré comme des sardines (coucou Patoch’) mais… Il fait chaud et les cours font peur, très peur. On appelle ça la première sélection naturelle : soit on abandonne dès le premier jour, première semaine ou premier mois. Un paquet de monde. Les amphis se vident presque à vu d’oeil. De plus, les doublants ne viennent généralement pas les premières semaines ou bosse en totale autonomie (à mon avis c’est pas le bon plan). Donc dans un amphis de 300 places au début d’année on est peut-être entre 300 et 350. Sache, par ailleurs, qu’au mois de février (après tant de semaine de sélection) on est beaucoup, beaucoup, beaucoup moins nombreux. On a de la place dans tous les amphis, là où on veut et à n’importe quelle heure… Sauf dans l’amphi du prof, là généralement les premiers rangs sont bondés. Ca tombe bien, je n’aime pas plus que ça l’amphi du prof.

Tout ça pour dire que c’est largement exagéré.

  • Il faut absolument une prépa pour réussir :

Là j’hésite entre me mettre en colère ou rire. C’est le mensonge qui vous fera perdre le plus d’argent. Les prépas ne sont pas indispensables, ça dépend d’énormément de facteurs. D’abord, la qualité de l’encadrement, de l’enseignement et des QCM. Ensuite, le prix n’est en aucun cas un gage de qualité… Les statistiques non plus : c’est très facile de manipuler les chiffres, certaines prépas virent des élève à l’issus du concours de décembre si leur classement est trop « mauvais ». Renseigne toi sur la qualité du tutorat, dans un grand nombre de fac ils sont aussi bien, voir mieux, qu’une majorité de prépas. Si tu as besoin d’un encadrement très strict choisit vraiment bien, il ne faut pas qu’elle te fasse perdre ton précieux temps tout en te soutenant et t’obligeant à travailler (rares sont les prépas comme ça).

  • Le bizutage est très violent, fais attention !

En P1 on ne nous considère pas comme étudiants en médecine (ou pharma, odontologie, maïeutique ou kiné). Sans appartenir à ça on ne peut pas être bizuté… On verra ça en P2 si j’arrive à cet échelon. En attendant, ne t’en fais pas pour le bizutage, attends les résultats du concours de mai pour ça haha.

  • La PACES c’est vraiment difficile :

Euh… C’est pas un cliché…

ORSO.

PS : Pour toutes questions je suis dispo sur Twitter, par mail et en commentaire. J’essaye de répondre au plus vite, entre deux planches d’anat au milieu des QCM.

Photo d’Olivier K. sur Flikr.

Une nouvelle aire.

VOIR LE POSITIF.

T’auras surement compris que ce n’est pas avec des pensées négatives qu’on est heureux et que notre vie est positive.

Pendant deux grosses semaines après les résultats j’étais dans une démotivation complète. En colère aussi, c’est vrai. Mais tout revient à la normal, petit à petit. Je suis de nouveau lancée. Je n’ai pas dit mon dernier mot et je compte bien réussir ce semestre même si je sais que c’est mort pour cette année. Ca me rassurera au moins pour l’année prochaine et ça me permettra d’être motivée à bosser pour l’année suivante.

Advienne que pourra. Peut-être que dans un an je serai bien loin de la PACES, peut-être aussi que je serai encore plus proche de la médecine ou de la santé. Rien ne peut me le prédire avec certitude (malheureusement ou heureusement ?)

Quoiqu’il en soit j’ai tiré un enseignement de mon premier semestre. Le bilan n’est pas définitif puisque l’année n’est pas finie. Il n’empêche que j’ai appris des choses, énormément. Pas tant sur le corps humain mais beaucoup plus sur moi. J’ai eu l’impression de me perdre mais je pense que ça me permettra de me trouver réellement.

On a tous des passages à vide. C’était un de ceux là.

Je m’en suis remise, j’ai même réussi à y voir le positif c’est dire.

Je peaufine ma méthode de travail, c’était pas du luxe ! J’apprends plus en profondeur, je m’adapte beaucoup mieux. Pas que je n’étais pas adaptée à la PACES mais disons que je ne l’étais pas assez. On est beaucoup dans ce cas et c’est frustrant. Les remises en question s’imposent, c’est clair.

C’est un mal pour un bien, vraiment.

ORSO.

PS : Je suis tellement la tête dans mon semestre que l’envie (et les idées) d’écrire passe au second plan, désolée.

PPS : Si tu veux échanger avec moi j’ai twitter et une boite mail donc n’hésites pas, je les consulte régulièrement !

Photo libre de droit

Conformisme et regard d’autrui.

Précision : Ceci est la suite/conclusion de l’article précédent.

REGARDE AILLEURS.

Un titre pédant juste pour dire que le regard des autres m’emmerde profondément. Il m’a mis à mal.

Ma maman,encore, toujours et à jamais, m’a ouvert les yeux (décidément elle doit tout faire ici).

Hier tu as peut-être vu passer un poste que j’ai mis 2h plus tard à la corbeille. Avec du recul je me dis que même s’il est sombre il reflète vraiment l’état pathétique dans lequel j’ai été pendant trois semaines (et plus). J’hésite à le sortir de la corbeille, le défroisser et le reposer là. Je ne sais pas, dis moi !

Venons-en au fait. Nous sommes les 5 personnes les plus proches de nous. J’ai été l’Autre et l’Autre l’a su, l’a senti. Instinct primitif de merde.

Se faufiler dans mes pores et se délecter du peu de confiance en moi et de mon je m’en foutisme du conformisme et du regard de l’autre. Bon sang l’Autre m’a bouffé et mis à terre. Facile de blâmer l’Année et l’Autre. J’y suis pour quelque chose. Je me suis laissée ambobiner. Je me suis laisser manger tout cru en fournissant couvert et serviette. Débile.

Si je n’ai qu’une chose à te dire c’est de choisir qui tu as à tes côtés. Je pensais que j’avais gardé le principal pourtant l’Autre était là, tout près de moi, me mettant à mal un peu plus chaque jour, à ruiner mon moral et mon estime de moi-même.

Jamais de la vie je ne voudrais me demander qu’est-ce qu’on va penser de moi. Sur le plan vestimentaire ou de mes idées. Pourtant l’autre y parvenait. Fourbe.

Je suis allée tapé le fond. Fort. (Ne sors pas ça du contexte je le prendrai mal)

J’ai rebondi. Pas très haut pour l’instant mais patience.

Moque toi de ce qu’on peut penser de toi. Habille toi dans une tenue moche et confortable, laisse des cheveux en bataille si ça te chante. Personne ne doit influencer tes choix. N’ai pas honte de ne pas avoir eu la chance de réussir la P1. Tu peux être fier (e) d’y avoir passer un ou deux ans. Saisit ta chance et qu’importe ce qu’il se passe ensuite. Sois en accord avec toi même. Toujours. Ceux qui t’aiment seront toujours fiers de toi, qu’ils te le disent clairement ou non. Je suis fière de toi.

Sois respectueux envers les autres et toi même. Éloigné toi de ceux qui te font et te veulent du mal.Ensuite ça ira mieux. Plus haut, plus loin, plus optimiste.

Prend soinde toi (Garnier !)

Bisous.

ORSO.

PS : Il vaut mieux viser à l’excellence et la manquer que de viser la médiocrité et l’atteindre. – Francis Blanche.

PPS : Rien de grand ne comporte la médiocrité – Luc de Clapiers.

PPPS : Le propre de la médiocrité est de se croire supérieur. – François La Rochefoucault.

PPPPS (et j’arrête là) : Tu n’est PAS médiocre ! Ne laisse pas un foutu classement te faire croire ça, tu vaux mieux que ça !

Et lire la dernière page.

NE PAS LIRE SI DE (trop) BONNE HUMEUR .

Des fois ça ne va pas. Je ne comprends pas trop pourquoi mais ça ne vas pas. Trois semaines que je suis comme ça. Dans un état intermédiaire entre joie démesurée et moral au fond des abysses. C’est compliqué à appréhender. C’est fatigant aussi.

Et si je me mets à faire un billet d’humeur à chaque fois qu’elle change je n’aurai pas fini d’écrire (pour ne rien dire, qui plus est).

J’ai du mal à trouver un sens à ce que je fais. J’ai même du mal à comprendre ce que je fais ici, sur cette planète, dans cet Univers. Je ne comprends pas. Depuis ma plus tendre enfance je me pose cette question mais elle me torture un peu plus chaque jour depuis septembre. Ne t’inquiète pas, surtout ! Je n’en suis pas au point de vouloir en finir avec la vie. Je suis simplement lasse. Comme si j’avais 80 ans, que plus rien n’avait de sens. Je me sens vide.

C’est totalement contradictoire. Toute ma vie j’ai avancé avec pour seul moteur la médecine. La santé humaine. L’humanitaire. Donner de ma personne pour l’autre. Sans pour autant croire en la beauté (bonté) de l’être humain… Au contraire même. J’ai enduré la section scientifique… Je dois ma jolie mention aux matières littéraires, la philo, l’histoire, le grec ancien, pour lesquelles j’ai frôlé voir atteint la note ultime.J’aime la physique mais je ne suis pas brillante. Je hais les maths mais je ne suis pas si mauvaise. Mes profs n’ont jamais compris mon choix d’orientation alors que je ne l’ai jamais remis en doute.  Aurais-je du ?

Mes profs (de lycée) se sont fiés aux notes pas à mon rapport humain. Pas à la personne que je suis. Manque de temps et, surtout, d’envie. Un prénom, un nom, une chaise occupée, un relevé de note. Aurais-je du changer, faire autre chose ? Quoi ? J’aime tellement de choses. Mais après. Qu’est-ce que ça m’apportera après ? Regret, bonheur ?

Peut-être que j’aurais du laisser place au doute au moins une fois ? Peut-être. Je ne sais pas.

Je n’ai jamais été autant indécise que depuis janvier (voir depuis septembre).

Tout n’est pas noir mais on est loin du rose.

On dit que PACES rime avec larmes. Je n’ai même plus le courage de pleurer. J’ai du laisser couler mes larmes trois fois quelques minutes. Je suis dans une lassitude qui me désole. Je n’ai jamais été de celle qui pleure. Je ne le suis pas devenue.

Je ne sais pas, je ne sais plus et je n’arrive pas à prendre du recul. Cette année m’a perdu. Je me suis perdue en tant que personne. Je ne sais plus qui je suis ni ce que je veux et personne ne peut m’apporter de réponse. Une des innombrable question sans réponse s’ajoute à la liste. Je suis faible ou humaine ? J’étais fière de mon caractère et de ma tête dure, qui passe au travers des lourdes épreuves sans trop surchauffer. J’étais fière d’être un pilier, le calme dans la tempête, d’être forte. J’en étais fière. C’était une des seule qualité que je trouvais chez moi. La PACES m’a foutu au sol, coup de tête balayette. Cet article fait enfin couler les larmes que je n’ai pas réussi, pas voulu, laisser échapper depuis si longtemps. Je me sens emprisonnée par moi-même, mes propres choix et par mon entourage. Je ne les blâme pas, peut-être même qu’un jour je les remercierai.

Moins d’une minute plus tard les larmes ne sont plus là, elles me rongent à l’intérieur. L’érosion.

Je suis désolée, ce n’est pas joie et soleil. Ce n’est pas la moi d’avant. Ce n’est ça. Je ne veux pas être ça. Il y a pire dans la vie qu’une putain d’année. Il y a pire torture psychologique.

Je me sens nulle sur tous les plans. Vraiment.

Incapable de me relever. Plus rien ne me fait vibrer. J’aimais m’émerveiller pour de petites choses. J’aimais essayer d’avoir des yeux d’enfant. J’aimais avoir de l’espoir. Etre réaliste, souvent et optimiste, parfois. Rêveuse toujours.

Je ne rêve plus, je n’imagine plus demain. Du brouillard. Du flou bordélique.

J’aimerai des réponses que je n’ai pas. J’aimerai lire la dernière page du livre. Du chapitre.

Je sais que d’écrire sur mon désespoir n’aidera personne. Au contraire, il ruine le moral. J’en suis désolée. Excuse moi. Sincèrement.

Je pense que j’avais besoin de poser des mots là dessus.

Peut-être que toi aussi tu avais besoin de poser des mots, de lire ces mots. Peut-être que tu l’as fait. Je n’ai pas envie de me soucier des répercussions. Je poste ce billet égoïstement, sans penser à ton moral. Excuse-moi. Voici une vidéo de chat drôle pour me faire pardonner.

A bientôt (peut-être tôt, peut-être bien. Peut-être les deux)

ORSO.

PS : Si une vidéo ne te suffit pas, regarde les toutes. On emmerde le retard.

PPS : Ne t’en fais pas non plus, je continue de travailler comme une acharnée. Un goût amère dans la bouche, certes, mais je travaille.

PPPS : Je voulais remercier deux PACES de twitter qui se reconnaitront, j’en suis sûre.

PPPPS : (il y en a beaucoup trop) je ne regretterai jamais ma PACES. Crois moi. Simplement je ne suis pas infaillible et là ça va pas fort et rien n’y personne n’y peut quelque chose je pense. Si tu veux je te ferai une liste des points positifs de mon année. Il y en a quelques uns, laisse moi le temps d’y réfléchir.

Image libre de droit.